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Le terme « cognitif » est partout : du capitalisme contemporain qu'on dit parfois cognitif, aux thérapies comportementales et cognitives, en passant par les neurosciences cognitives… Y a-t-il un véritable point commun entre ces différentes expressions, et si oui quel est-il ? Suffit-il de faire référence au cerveau pour mériter le titre de cognitif ? La perspective cognitive conduirait-elle alors à une vision réductrice de la nature humaine ?

Dans ce cours, je me fixe trois objectifs : tout d'abord, il s'agira de remonter aux sources historiques et conceptuelles du cognitivisme, afin de dissiper les approximations et confusions qui l'entourent. Le cognitivisme est souvent présenté comme une révolution de la seconde moitié du 20ème siècle. Je défendrai qu'il s'agit en fait de la reprise d'un projet classique et ancien d'une science totale de l'homme, physique et mental. Mais ce projet n'a pu prendre son envol qu'avec la mise en place des sciences et technologies de l'information. Le pari du cognitivisme a alors consisté à appliquer les méthodes des sciences de la nature au mental (« l'esprit » ou le « psychisme »), fondé sur un concept de représentation mentale. Pour comprendre le cognitivisme, il faut donc revenir à la notion de représentation mentale, et aux outils formels et empiriques dont nous disposons pour l'étudier. Le second objectif du cours consistera à présenter la situation des sciences cognitives contemporaines. Alors même que les fondements conceptuels des sciences cognitives est stable depuis plus d'un demi siècle, les développements empiriques n'ont cessé d'évoluer. Ainsi par exemple dans les années 1960-70, linguistique et intelligence artificielle formaient le fer de lance du cognitivisme, tandis que de nos jours, grâce aux progrès fulgurants des techniques d'imagerie cérébrale et plus récemment des interfaces cerveau-machine, les neurosciences sont au cœur du cognitivisme. Enfin, en troisième lieu, je me fixe pour but d'explorer les interfaces des sciences cognitives. Le cognitivisme est mû d'abord par l'ambition purement théorique de parvenir à décrire les structures et mécanismes mentaux dans leur plus grande généralité. Mais les possibilités d'applications sont considérables. Je présenterai certains des champs d'applications particulièrement prometteurs, en clinique et intelligence artificielle notamment.

Le cours cherchera donc à donner des outils pour comprendre et mettre en perspective les sciences cognitives contemporaines. Je m'appuierai à la fois sur des ouvrages et articles classiques et sur des résultats récents, aussi bien dans de la recherche fondamentale que dans la recherche appliquée.

Bibliographie

• Changeux, JP. (1984).  L’Homme neuronal, Paris, Hachette.

• Damasio, A. (1999).  Le Sentiment même de soi, Paris, Odile Jacob.

• Dehaene, S. (2014).  Le Code de la conscience, Paris, Odile Jacob.

• Fodor, JA. (1986).  La Modularité de l'esprit , Paris, Éditions de Minuit.

• Imbert, M. (2006).  Traité du cerveau , Paris, Odile Jacob.

• Jacob, P. (1997).  Pourquoi les choses ont-elles un sens ?  Paris, Odile Jacob.

• Jackendoff, R. (2002).  Foundations of language: brain, meaning, grammar, evolution. Oxford, Oxford UP

• Pinker, S. (2000).  Comment fonctionne l'esprit , Paris, Odile Jacob.

Modalités d'évaluation : Contrôle écrit de 4H le jeudi 22 février 2018

Seules les notes personnelles, manuscrites ou imprimées, sont autorisées ainsi que les dictionnaires de langue en version papier,
à l'exclusion de tous autres documents imprimés ou polycopiés, ainsi que les dictionnaires et traducteurs électroniques. Les tablettes et téléphones portables sont interdits.

Langue du cours : Français

Credits ECTS : 2

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