Le russe, langue indo-européenne, présente des similitudes avec les langues généralement étudiées en France. Cependant, c’est une langue extrêmement originale pour un Occidental. Le mode de pensée n’est pas le même, il répond à des valeurs totalement inhabituelles pour ce même Occidental.

Les cours de russe-Débutants reposent sur des principes et une méthode,valables sur les trois semestres de l’Ecole. Le Polytechnicien sort de l’Ecole en ayant vu la totalité de la grammaire, « bavardant » couramment, et disposant de tous les moyens de poursuivre l’étude de la langue tout seul s’il le souhaite.

Les cours de russe-Débutants repose sur la méthode : Le russe en révolution, Apprendre le russe en parlant, Marina Koch-Lubouchkine, éd. Ecole Polytechnique 2004, diffusion Ellipse :
-un volume en français (explications, schémas, tableaux)
-un volume en russe (dialogues, vocabulaires, exercices)
-un CD MP3, enregistrement intégral du volume en russe.
I - LES PRINCIPES
La méthode, audio-orale, est essentiellement basée sur le dialogue et la répétition. L’étudiant est sans cesse sollicité, sa connaissance n’est jamais passive, il est amené à utiliser en permanence toute nouvelle connaissance.

La méthode repose sur deux principes essentiels :
-La mise en place de la phonétique et l’apprentissage des réflexes oraux, à l’aide de supports audio.
Quand une leçon est assimilée, oralement, de façon active, et a atteint le niveau « réflexe », alors seulement l’élève en apprend l’orthographe et il étudie la relation entre l’écrit et l’oral.
La phonétique russe, abordée de cette façon ne présente plus aucune difficulté.
L'élève a du mal à dormir pendant le cours…
-L’acquisition d’un mode de raisonnement :
                  -elle permet, à l’aide de nombreux schémas faisant ressortir la structure de la langue, la logique (ou rupture de logique) de son système, de retrouver soi-même les formes grammaticales et, chargeant l’intelligence, de décharger ainsi la mémoire purement linéaire.
                   -elle résulte d’une réflexion approfondie sur les mécanismes phonologiques, morphologiques et syntaxiques, le tout, dans un langage parfaitement accessible au Polytechnicien lambda…
                    -elle revient à trier par écrit, très clairement, tout ce qui est étudié oralement.

II - LA MÉTHODE ET SES TECHNIQUES</b>
Chaque cours est rythmé par les temps suivants :
Écoute d'une expression, d'une phrase, et étude de sa structure : l'étudiant est invité à l'analyser lui-même, de façon à en découvrir avec le professeur les différents aspects ou problèmes : la règle de grammaire qui aura été «découverte» et établie par le groupe sera plus facilement mémorisée.
Présentation orale et répétition du vocabulaire nouveau (jamais plus de 8 mots par séance car ils devront tous être assimilés de façon active, c'est-à-dire réutilisables immédiatement et régulièrement). Ecoute et répétition du texte nouveau (sans support écrit).
Exercices oraux de transformation de phrases, sur la leçon en cours, sur les leçons passées, afin de mettre en place des réflexes d'élocution; exercices de dialogues entre le professeur et les élèves.
ravail sur l'écrit, relevé de l'orthographe et des formes grammaticales.
Travail personnel (une heure à une heure et demie hebdomadaire) : il consiste, à apprendre oralement, d'après les enregistrements CD, la leçon en cours, à apprendre l'orthographe d'une leçon antérieure, à en faire systématiquement les exercices écrits, alors qu'ils auront déjà été maintes fois repris oralement.

III - LE CONTENU CULTUREL
Le contenu culturel dépend beaucoup des goûts et des souhaits exprimés par le groupe, musique, peinture, littérature etc. Il s’adapte également aux développements linguistiques du jour, mettant en relation la philosophie de la langue et l’esprit du peuple qui l’a engendrée.
Civilisation (préparation aux stages d’été, et bilan des séjours), théorie, travaux pratiques…
Problèmes historiques, événementiels, politiques, philosophiques, linguistiques…
Présentation des grands noms de la littérature classique et soviétique…

LE CONTENU LINGUISTIQUE du premier semestre
L’accent tonique, l’intonation : le russe est une langue très musicale, les erreurs d’accent rendent le mot incompréhensible. L’élève est amené à s’imprégner dès le début de cette musique. Finie la caricature du Français qui forge de jolies formes grammaticales avec un accent, dont lui seul ne sent pas le ridicule, et qui le rend totalement incompréhensible aux Russes...
L’alphabet : quelques lettres par séance, 5 premières séances.
Les grandes règles de l’orthographe: Apprendre à passer de l’oral à l’écrit. L’adulte qui apprend le russe en partant du mot écrit est foncièrement incapable de restituer une prononciation correcte, tant elle diffère de l’entendement français, basée sur un principe de « phonèmes » inexistant dans les langues européennes. La méthode est donc, ici, inverse.
Le principe des verbes : les « aspects » (introduction à un mode de pensée spécifique aux langues slaves, où l’action est envisagée dans son résultat ou dans son développement) ; à un verbe français correspondent deux verbes russes. Etudié dès le 5e cours. C’est à la fois la difficulté du russe et sa richesse : tout est possible, celui qui parle « crée » sa phrase pour justifier son idée. Il se trompe ? Quiproquo…
Les conjugaisons, vues en totalité dans les 2 premiers mois, pas de « temps », les nuances sont ailleurs...
Les adjectifs. Les déclinaisons. Elles sont étudiées « à l’horizontale », dans des phrases, noms, adjectifs, pronoms ensemble. Elles permettent d’élaborer des énoncés très brefs et précis, tels que : « si moi toi, catastrophe »…) Le complément de lieu, le complément de temps…

LE CONTENU LINGUISTIQUE du deuxième semestre
Fin des déclinaisons.
Les 2 verbes « avoir » (suite de l’intrusion dans un autre mode de pensée) :
la possession
le « subi » ou « expression impersonnelle » = j’ai faim, j’ai 20 ans, j’ai peur, j’ai vraiment très soif…
La quantité, du zéro à l’infini, la négation.

Une leçon (N° 18) de « briefing » avant le départ en Russie :
Survol de questions de grammaire, nécessaires à un premier « bavardage » en situation et qui mériteront d’être approfondies, en stage et au 3e semestre.
Les verbes de déplacement (je vais tous les jours au cours, à pied ou en patins ?…)
Le comparatif
La particule du conditionnel (pas de temps, pas de conjugaisons…).
Lexique de première urgence, enregistré, pour aborder en toute sérénité, les premiers jours du séjour en famille (une centaine de mots)

Ce cours est ouverts aux élèves ayant acquis au cours de leur cursus antérieur des bases grammaticales et lexicales solides en russe, ainsi qu’aux élèves connaissant cette langue pour des raisons familiales.
Son objectif est d’offrir aux élèves un niveau de compréhension et d’élocution certain en russe, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit. Il nécessite de la part des apprenants une implication réelle dans leurs travaux personnels ou de groupes.
Il s’agit d’assurer aux élèves les meilleures conditions d’une progression efficace, notamment par le pointage en début de semestre des forces et des faiblesses de chacun. A ce niveau, les groupes sont bien souvent assez hétérogènes, aussi est-il très profitable de mettre en place des dynamiques d’entraide, proches du tutorat de la part des élèves les plus à l’aise au profit de leurs camarades de niveau plus modeste.
La grammaire (morphologie et syntaxe) est abordée de manière théorique et réflexive à chaque début de cours, puis mise en application immédiatement par des exercices en classe, puis à la maison.
L’expression (écrite et orale) est développée par différents travaux tournant autour de faits culturels ou de société intéressant le domaine russe. Le choix des thématiques abordées est réalisé avec les élèves (histoire, géographie, littérature, géopolitique, etc.) en fonction de leurs centres d’intérêt. Les élèves doivent réaliser et présenter des exposés, sur les sujets qui les intéressent.
Des jeux de rôle et des débats sont organisés de façon régulière, afin de développer chez les élèves la maîtrise d’une langue parlée correcte et fluide.
L’approfondissement des connaissances purement linguistiques ne saurait se passer de contenu culturel. Les élèves sont invités en permanence à la réflexion sur la culture et la civilisation russes, dans leurs aspects les plus divers (cinéma, théâtre, littérature, beaux-arts, musique, politique, économie…). En fonction de la dynamique et de la motivation du groupe, il peut être envisagé de mener un projet, comme la publication d’un journal, le montage d’une exposition ou d’un spectacle.
Evaluation : travaux écrits réguliers, prestations orales.

Ce cours s’adresse à des élèves qui disposent déjà d'une très bonne maîtrise de la syntaxe et de la grammaire. Ils possèdent un vocabulaire suffisamment large pour être capables de comprendre et de commenter par écrit et oralement des textes économiques, politiques et culturels ainsi que des documents d’autres sources. En principe, les élèves doivent pouvoir répondre avec assurance à toute une gamme de questions concernant la vie quotidienne en Russie, et bien sûr avoir une maîtrise du langage parlé relativement large.
Une attention spéciale est accordée à l’enseignement des notions en géographie et en histoire de la Russie.
Il faut estimer comme un avantage certain le fait que, pendant un semestre, les élèves de 2ème année travaillent en classe avec ceux de 3ème année , généralement plus « aguerris » au russe, ce qui crée au sein  même du groupe, une sorte de tutorat des élèves forts vis à vis de leurs camarades de niveau plus faible. En effet, la plupart des élèves de 3ème année ont fait pendant l’été un stage linguistique en Russie d'où ils reviennent avec des connaissances en russe considérablement élargies.
Afin de perfectionner la compréhension du langage parlé, il est  bénéfique d’utiliser d’autres outils pédagogiques comme les audio enregistrements et les télécassettes avec des sujets en russe suivis de commentaires immédiats oraux ou écrits faits par les élèves.
Généralement, le nombre d'élèves de ce groupe est de 4 à 8, ce qui favorise grandement la participation active à la conversation, aux débats et aux discours.
En tout état de cause, l’apprentissage du russe renforcé demande une forte implication personnelle pendant le cours et nécessite une motivation sans faille de la part des élèves.